Page:Shakespeare - Œuvres complètes, traduction Hugo, Pagnerre, 1873, tome 12.djvu/208

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sommes vainqueurs, il nous sourit. — Quelles sont les villes de quelque importance que nous ne possédions pas ? — Nous sommes ici en récréation sous Orléans, et les faméliques Anglais, tels que de pâles spectres, — nous assiégent mollement une heure par mois.


ALENÇON.

— Ils ont besoin de leur potage et de leur bœuf gras ; — il faut qu’ils soient nourris comme des mulets — et qu’ils aient leur sac de provende à la bouche, — ou ils ont l’air piteux de souris qui se noient.


RENÉ.

— Faisons-leur lever le siége. Pourquoi restons-nous ici inactifs ? — Talbot est pris, lui que nous étions habitués à redouter ; — il ne reste plus que l’écervelé Salisbury ; — et il peut bien épuiser sa bile en vaine colère : — il n’a ni hommes ni argent pour faire la guerre.


CHARLES.

— Sonnez, sonnez l’alarme ; nous allons fondre sur eux !… — Combattons pour l’honneur des Français humiliés ! — Je pardonne ma mort à celui qui me tue, — s’il me voit reculer d’un pas ou fuir…

Ils sortent.


Fanfare d’alarme. Les Français sont repoussés par les Anglais avec de grandes perles.
Rentrent Charles, Alençon, René et d’autres.



CHARLES.

— Qui vit jamais chose pareille ? Quels hommes ai-je donc là ? — Chiens ! couards ! poltrons !… Je n’aurais jamais fui, — s’ils ne m’avaient laissé au milieu de mes ennemis.


RENÉ.

— Salisbury est un homicide désespéré. — Il combat comme un homme las de vivre. — Les autres lords, tels