Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/117

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LE LION

Timides dames, vous qui poussez de hauts cris
Rien qu’en voyant trotter de petites souris,
Ne vous effrayez pas si le lion grommelle !
Je ne suis pas lion, ni mâle, ni femelle !
Je suis Joint, menuisier ; et je n’ai nulle envie
De vous épouvanter ; je tiens trop à ma vie !…


THÉSÉE
Quelle excellente bête ! Il n’est pas querelleur !

LYSANDRE
Ce lion est un vrai renard pour la valeur !

THÉSÉE
[Oui, mais pour la prudence il a tout l’air d’une oie !

DÉMÉTRIUS

Oh, non ; car le renard en eut donc fait sa proie,
Tandis que sa valeur le cède à sa prudence !


THÉSÉE

Si sa prudence alors emporte sa vaillance
C’est qu’on peut voir une oie emporter un renard !…
Mais cédons la parole à cet astre blafard !…]


LE CLAIR DE LUNE
Ma lanterne, messieurs, c’est la lune et ses cornes…


DÉMÉTRIUS
Mets-la donc sur ton front ! C’est le front qu’elles ornent !

THÉSÉE

Mais non ; sur un tel crâne on n’en peut voir aucune :
Ce n’est pas un croissant ; c’est une pleine lune !…