Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/124

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Scène II.

Entre PUCK.

PUCK

Voici l’heure où dans la nuit brune
Le lion rugit de fureur
Et le loup hurle vers la lune
L’heure où ronfle le laboureur
Lassé par sa rude journée
Lentement le tison s’éteint
Sous le manteau des cheminées
Le hibou pleurant au lointain
Rappelle au malheureux qui souffre
L’horreur mortuaire du gouffre
Où va finir sa destinée
Voici l’heure où l’on voit, vomis
Des tombes, les spectres qui errent
Autour de l’église parmi
Les hautes croix des cimetières
Et nous, les Esprits, qui sortons
La nuit pour que nos jeux s’ébattent
Sous les étoiles délicates,
Voici l’heure où nous escortons
Le char de la terrible Hécate !…
Souris, gare à la souricière !
Restez au seuil de ce palais !…
Moi, je viens avec mon balai
Pour en balayer la poussière


Entrent OBÉRON et TITANIA avec leur suite.