Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/51

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Tigre, lion ou léopard,
Sanglier, au poil hérissé,
Monstre, tends-lui les bras
Comme à ton fiancé !
Je rouvrirai tes yeux dès qu’il apparaîtra !…

OBÉRON sort. Entrent LYSANDRE et HERMIA.

LYSANDRE

Cher amour, cette course vous lasse sans doute !…
Je confesse d’ailleurs que j’ai perdu ma route !…
Croyez-moi, laissant là nos détours incertains,
Reposons-nous un peu, jusqu’au petit matin.


HERMIA

C’est vrai, je n’en puis plus, Lysandre ; reposons…
Cherchez un lit… Pour moi, j’ai ce banc de gazon…


LYSANDRE

L’oreiller paraît large assez pour vous et moi !
Un seul cœur, un seul lit ! Deux âmes, une foi !


HERMIA

Non, Lysandre, je vous en prie ;
Non ; respectons les convenances !…
Éloignez-vous… Encore !… Encore !…Ô, ma chérie.


LYSANDRE

Eloignez-vous… Encore !… Encore !…Ô, ma chérie,
Prenez ces mots dans leur amoureuse innocence !
Entendez-les sans blâme !
Je dis, tout simplement, que nous n’avons qu’une âme
Depuis que nos deux cœurs suivent leur doux penchant ;