Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/58

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Ainsi, tout à la fin, quand on verra Pyrame
Se suicider… Je crains que ça déplaise aux dames !
Qu’en dites-vous ? C’est vrai, ma foi, ça finit mal !


GROIN
Qu’en dites-vous ? C’est vrai, ma foi, ça finit mal !

L’AFFAMÉ
On pourrait supprimer le suicide final…

CULASSE

Non ! Non !… Moi, j’ai trouvé le moyen d’en sortir :
Par un prologue, en vers, on peut les avertir
Que nous n’avons pas mal lorsque nous nous frappons,
Et que notre amoureux ne meurt pas pour de bon !
Et, mieux encor, pour les rassurer sur le drame,
On peut leur expliquer que moi, qui suis Pyrame
Je ne suis pas Pyrame, et que j’ai pris sa place
Bien que je sois toujours le tisserand Culasse !


COING
On peut faire un sonnet, quatorze vers qui plaisent…

CULASSE
N’y regardez pas tant, voyons ! Mettez-en seize !…

COING
Soit, un prologue en vers… Nous nous y rallions ?…

GROIN
Et ne craignez-vous pas qu’on ait peur du lion ?

L’AFFAMÉ
Pour sûr ! Réfléchissez ! La chose est peu folâtre !
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