Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/72

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DÉMÉTRIUS

J’ai l’air et le regard d’un homme assassiné !
Mais vous ne voulez pas m’entendre !
[Et, pareille à Vénus, là-haut, froide et placide,
Rien n’attendrit vos yeux coupables d’homicide !…]


HERMIA

Laisse-là tes discours ! Qu’as-tu fait de Lysandre ?
Oh, bon Démétrius, rends-le moi ; c’est mon bien !…


DÉMÉTRIUS

J’aimerais mieux donner sa carcasse à mes chiens !


HERMIA

Chien toi-même ! Va-t’en ! Car ta conduite infâme
Dépasse ce que peut souffrir
Le cœur résigné d’une femme !
Si vraiment tu l’as fait mourir
Tu n’es plus digne d’être un homme !…
Mais tu l’as donc surpris au milieu de son somme ?…
Tu n’aurais pas osé le regarder en face !
Un serpent venimeux eût eu la même audace !
[Oui, je reconnais là ton courage intrépide,
Vipère ! Car jamais nul animal rampant
N’eut une langue plus perfide
Que la tienne, serpent !]


DÉMÉTRIUS

C’est votre aveuglement qui vous fait vous méprendre !
Ma main n’a pas trempé dans le sang de Lysandre,
Et je ne sache pas que ses jours soient comptés…


HERMIA

Alors, je t’en conjure, il est en sûreté ?…