Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/75

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OBÉRON

Cachons-nous !… Il se peut que l’autre se réveille
Au bruit qu’ils font !… L’autre ! À merveille !


PUCK

Au bruit qu’ils font !… L’autre ! À merveille !
Nous assisterons donc à des exploits divers,
Car tous deux à la fois vont offrir leurs services !
Ah, ces choses-là me ravissent
Plus elles marchent de travers !…

Entrent LYSANDRE et HÉLÈNE.

LYSANDRE

Pourquoi prétendez-vous que ma tendresse est feinte ?
La fourbe et le mépris ne vont pas jusqu’aux plaintes !
Que la sincérité de mes vœux vous désarme,
Car vous l’entendez bien dans mes pleurs et mes cris ;
Et jamais des serments qui sont nés dans les larmes
Ont-ils pu déguiser la fourbe et le mépris ?


HÉLÈNE

[Vous vous croyez rusé, mais mon cœur vous devine !
Lorsque la foi combat la foi,
C’est dans une lutte à la fois
Infernale et divine !]
Vous aimez Hermia ! Votre cœur est-il libre ?
N’êtes-vous plus à ses genoux ?
Serments contre serments : les plateaux s’équilibrent !
Et si nous comparons vos promesses frivoles,
Les vœux que, tour à tour, vous avez faits pour nous
Pèsent du poids égal de leurs vaines paroles !