Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/77

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[Déjà rivaux d’amour pour la fille d’Égée,
On rivalise encor pour se moquer de moi !
Faire couler les pleurs d’une vierge outragée,
Quel beau talent ! Quel fier exploit !]
Ah, ce n’est pas ainsi qu’un gentilhomme en use !
Car pourrait-il, sans être infâme,
Offenser une pauvre femme
Et torturer ainsi son âme
Pour la raison que ça l’amuse ?


LYSANDRE

C’est vrai, Démétrius ; ce jeu te déshonore !
Tu chéris Hermia ; personne ne l’ignore ;
Aussi, de grand cœur, je te cède
Les droits que j’ai sur son amour ;
Mais j’exige en retour
Les droits que tu possèdes
Sur Hélène que j’aime et veux aimer toujours !


HÉLÈNE

Entendit-on jamais un plus méchant colloque !


DÉMÉTRIUS

Garde ton Hermia, Lysandre ; je m’en moque !
S’il est vrai qu’autrefois j’ai chéri son visage,
Cet amour est mort aujourd’hui !
Mon cœur était chez elle un hôte de passage,
Mais en aimant Hélène il est rentré chez lui,
Pour jamais.... Il vous trompe avec témérité !


LYSANDRE, à HÉLÈNE.
Pour jamais.... Il vous trompe avec témérité !