Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/80

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Vous usez contre moi de leurs perfides armes,
Et vous faites couler mes larmes
Sans plus songer que vous m’aimiez !
Estimez-vous, vraiment, qu’une telle infamie
Soit le fait d’une femme honnête, et d’une amie ?
[Et bien que vous ne complotiez
Que contre la paix de mon âme,
Se peut-il que vous consentiez
À mériter le juste blâme
De notre sexe tout entier ?…]


HERMIA

J’entends de durs propos, mais n’en ai rien compris !
C’est vous qui m’outragez par votre air de mépris !…


HÉLÈNE

N’engageâtes-vous pas Lysandre à me poursuivre
De cet amour moqueur que mes charmes enivrent ?
Et votre autre galant, Démétrius, lui-même
Que tantôt j’implorais en vain,
Suit-il pas vos conseils lorsqu’il jure qu’il m’aime,
En m’appelant trésor, déesse, objet divin ?…
[Pourquoi me parle-t-il ainsi puisqu’il me hait ?
Comment l’autre, oubliant par quel ardent amour
Vous comblez ses souhaits,
Oserait-il me faire ouvertement la cour
S’il pouvait supposer que ce jeu vous déplaît ?…]
Hélas, vous possédez le charme et la fortune ;
Moi j’aime, et mon amour misérable importune
Précisément celui qui l’avait provoqué !
Vous devriez m’en plaindre et non vous en moquer !


HERMIA
Vraiment, je tâche en vain Oui, c’est cela ! Prenez