Page:Shakespeare - Un songe de nuit d’été, trad. Spaak, 1919.djvu/81

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HÉLÈNE

Vraiment, je tâche en vain… Oui, c’est cela ! Prenez
Un air triste ! Cachez vos regards ironiques !
Faites-vous des clins d’œil quand j’ai le dos tourné !
Soutenez jusqu’au bout cette farce comique !
[Elle est digne qu’un jour on la mette en chronique !…
Ayant quelque noblesse à défaut d’amitié,
Vous m’auriez épargnée, et vous auriez pitié !]
Mais, c’est aussi ma faute ; et, connaissant mes torts,
Je vais les réparer par la fuite, ou la mort !


LYSANDRE

Arrête, Hélène ! Arrête ! Écoute mes excuses !
Hélène ! Mon amour ! Ma vie !…Ô, bien joué !


HÉLÈNE

Hélène ! Mon amour ! Ma vie !… Ô, bien joué !


HERMIA

Ne raille pas ainsi, Lysandre !… Tu l’abuses…


DÉMÉTRIUS, à LYSANDRE.

Du moment qu’Hermia ne peut t’amadouer,
Moi, du moins, par la force…Épargne tes menaces !


LYSANDRE

Moi, du moins, par la force…Épargne tes menaces !
Ta force et sa prière ont autant d’efficace !
J’aime Hélène ! Je n’aime qu’Hélène ! Et je jure
Sur mes jours, gage du serment,
De convaincre d’imposture
Ceux qui disent que je mens !


DÉMÉTRIUS, à HÉLÈNE.

Non, son amour n’égale en rien ma passion…