Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/140

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autre côté, son état était bien différent du mien. Il était sorti des mains de Dieu, parfait, heureux et prospère. Il restait sous la garde même de son créateur ; il pouvait lui parler, et s’instruire en communiquant avec des êtres d’une nature supérieure : moi, j’étais malheureux, sans appui, et seul. Plus d’une fois, je considérai Satan comme l’emblème le plus fidèle de ma condition ; souvent en effet, en voyant le bonheur des mes protecteurs, je me sentais, comme lui, rempli d’un sentiment d’envie.

» Une autre circonstance me confirma dans l’opinion que j’avais de moi-même. Peu de temps après mon arrivée dans la cabane, je découvris quelques papiers dans la