Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/146

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bandonner au délire, et errer dans les plaines du paradis ; j’osais me représenter ces êtres bons et aimables, sympathisant avec mes sentimens et dissipant ma tristesse ; je croyais voir leurs figures angéliques sourire pour me consoler. Rêves insensés ! Une Ève n’adoucissait pas mes chagrins, ne partageait point mes pensées ; j’étais seul. Je me souvenais de la prière qu’Adam adressa à son créateur ; mais où était le mien ? Il m’avait abandonné, et, dans l’amertume de mon cœur, je le maudissais.

» L’automne se passa ainsi. Je vis, avec surprise et chagrin, les feuilles décroître et tomber, et la nature reprendre cet aspect stérile et froid qu’elle présentait, lors-