Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/163

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je quittai ma retraite, et je me mis à errer dans le bois ; là, cessant d’être retenu par la crainte d’être découvert, je donnai cours à mes tourmens par des hurlemens horribles. Semblable à une bête féroce qui a rompu ses liens, je détruisais les objets qui faisaient obstacle à mon passage, et je traversais les bois avec la rapidité du cerf. Ah ! que cette nuit fut affreuse pour moi ! Les froides étoiles brillaient dans les cieux, et semblaient insulter à mon malheur : les arbres dépouillés agitaient leurs branches au-dessus de ma tête ; de temps en temps, la douce voix d’un oiseau se faisait entendre au milieu du silence universel : tout, excepté moi, jouissait du repos ou