Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/181

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s’échappa dans l’épaisseur du bois avec une nouvelle rapidité.

» Telle était donc la récompense de ma bonté ! J’avais sauvé de la mort un être humain, et, pour récompense, je souffrais maintenant d’une blessure qui avait déchiré la chair jusqu’aux os. Les sentimens de bonté et de douceur, qui m’avaient animé peu d’heures auparavant, firent place à une rage infernale et à des mouvemens convulsifs. Enflammé par la souffrance, je vouai une haine éternelle à toute l’espèce humaine, et en méditant de terribles vengeances ; mais l’irritation de ma blessure m’accabla, suspendit les mouvemens de mon pouls, et me fit perdre les sens.

» Pendant quelques semaines,