Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/193

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tu peux me torturer ; mais je ne consentirai jamais à ta demande ».

— « Vous avez tort, répliqua le Démon ; et, au lieu de me servir de menaces, je me contenterai de raisonner avec vous. Je suis méchant, parce que je suis malheureux. Ne suis-je pas abandonné et haï par toute l’espèce humaine ? Vous, mon créateur, si vous me mettiez en pièces, vous en triompheriez : souvenez-vous-en, et dites-moi pourquoi j’aurais pour l’homme plus de pitié qu’il ne m’en témoigne. Vous ne croiriez pas commettre un meurtre, si, me précipitant dans un de ces abîmes de glace, vous me fesiez périr,