Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/207

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née. La nuit était fort avancée lorsque j’arrivai à moitié route du lieu de repos. Je m’assis auprès de la fontaine. Les étoiles étaient tantôt brillantes, tantôt cachées par les nuages ; les sombres pins s’élevaient devant moi, et de temps en temps des arbres brisés et renversés par terre s’offraient sous mes pas. La scène était d’une solemnité imposante, et fit naître en moi d’étranges pensées. Je pleurai avec amertume, et je frappai mes mains avec désespoir, en m’écriant : « Ô étoiles, vents et nuages, vous allez tous me railler : si vous avez réellement pitié de moi, ôtez-moi les sens et la mémoire ; anéantissez-moi ; et, si vous n’écoutez pas ma prière, fuyez,