Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/35

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rut d’une stature qui excédait celle d’un homme. Je fus troublé : un brouillard couvrit mes yeux, et je me sentis évanouir ; mais je fus bientôt remis par le vent froid des montagnes. En portant les yeux sur l’être qui approchait de plus en plus, je reconnus (objet de haine et d’effroi), celui que j’avais créé. Je frissonnai de rage et d’horreur, décidé à attendre son approche, et à engager avec lui un combat mortel. Il approcha ; sa figure exprimait une douleur amère, mêlée de dédain et de perversité, et portait en même temps l’empreinte d’une laideur trop horrible, pour être supportable aux yeux des hommes. Mais je la remarquai à peine ; la colère