Page:Shelley - Frankenstein, ou le Prométhée moderne, trad. Saladin, tome 2.djvu/47

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tre si cette conviction était à tort ou à raison. Pour la première fois, aussi, je sentis quels étaient les devoirs d’un créateur envers celui qu’il a formé ; je compris que je devais le rendre heureux, avant de me plaindre de sa méchanceté : ces motifs m’engagèrent à consentir à sa demande. Nous nous mîmes donc à traverser la glace, et à gravir le rocher opposé. L’air était froid ; la pluie recommençait à tomber : nous entrâmes dans la cabane ; le Démon avec un air d’allégresse, moi le cœur oppressé et l’esprit abattu. J’avais consenti à l’écouter ; je m’assis auprès du feu qu’avait allumé mon odieux compagnon : il commença ainsi son histoire.