Page:Siefert - Les Stoïques, 1870.djvu/47

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Alors, en s’enquérant du fait & de ses causes,
Sur le vieux médecin on apprit bien des choses.
Chaque indigent en lui pleurait son bienfaiteur ;
Et comme on bénissait au pays sa mémoire,
Avec maint envieux de sa modeste gloire,
Il eut maint posthume flatteur.

Ce fut étrange. Et moi, curieuse, étonnée,
En souci du secret de cette destinée,
J’allai questionnant & fouillant le passé.
— O passion, sous qui parfois l’âme succombe !
Chaque couche d’ennui couvrait chez lui la tombe
D’un espoir mort ou renversé.

Son histoire, c’était un roman, un poëme,
Tels que l’âme les brode en rêvant sur le thème
D’un idéal amour vaincu par le devoir.
Comment l’oubli lui vint plus tard, comment sa mère
Le put ainsi lier à cette épouse amère,
Je n’en ai rien voulu savoir.

Ce lointain souvenir illuminait sa têce,
La ruine à mes yeux attestait la tempête,
C’était assez : la fin disait les premiers jours.