Page:Siefert - Les Stoïques, 1870.djvu/50

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Sans doute le besoin d’un souper ou d’un gîte,
Le manque de secours qu’il aurait fallu vite,
Du blessé hâtèrent la fin.
Toujours elle y pensait ; & chaque pauvre blême
Lui ramenait au cœur ce mot, toujours le même :
« Peut-être en mourant il eut faim ! »

LA VIEILLE FILLE.

Quand j’entrai, sur son lit couchée elle était morte.
Le rayon de soleil qui passait par la porte
Entr’ouverte effaçait les cierges allumés
Sur la table ; les mains jointes, les yeux fermés,
Elle ne souffrait plus, mais dormait. Une femme
Du village tout bas recommandait son âme
Dans ses prières. Rien n’était encor changé :
Le chat noir regardait & n’avait pas bougé ;
Le chapelet bénit pendait à la muraille ;
La Vierge, le Jésus de cire, la médaille
Qu’elle croyait devoir la guérir, le portrait
De sa mère à côté du vieux coucou muet,
Toute sa pauvreté chaste & laborieuse,