Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/115

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Les arbres estompés, les contours amollis,
Le vallon qui se creuse en mystérieux plis,
Et l’horizon rendu par la pluie invisible.


II.

Quand on a l’âme sombre & le cœur angoissé,
Ces aspects adoucis, ces tons mélancoliques,
Que voilent à demi des hachures obliques
(Impalpable réseau d’un faible vent poussé),

Cette nature en deuil, ce feuillage froissé,
Ces teintes d’un vert glauque aux reflets métalliques,
Cette pluie au moment des ardeurs idylliques,
Vous conviennent bien mieux que le beau temps passé.

L’été, c’est le bonheur, la joie & la lumière,
L’épanouissement sans crainte de l’esprit
À qui tout ici-bas & dans le ciel sourit.

L’été, c’est la jeunesse en sa verdeur première,
C’est la santé robuste & l’amour insensé…
Et moi, j’ai l’âme sombre & le cœur angoissé.