Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/186

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VIII.
SOLEIL COUCHANT.


Car ils savent qu’ils vont au rivage éternel.

Sainte-Beuve.


Chancelants & courbés sous le poids des années,
Par l’ouragan d’hiver plantes déracinées,
Ils sont vieux tous les deux. L’un près de l’autre assis
Ils écoutent au loin des chansons & des rondes,
Et regardent sauter des fraîches têtes blondes
Sur les grands tas de foin par le soleil roussis.
Les enfants sont en joie & la nature en fête.
Baignés d’ombre à leurs pieds, de rayons à leur faîte,
Les arbres du verger contemplent, eux aussi,
Ces générations nouvellement écloses,