Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/188

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S’appuyer l’un sur l’autre & s’entre-soutenir,
Ils attendent, exempts de crainte & de murmure,
De descendre au caveau que l’Éternité mure
Pour le sommeil sans souvenir.

Car ils ont maintenant tous les deux conscience,
Elle, par sa tendresse, & lui, par sa science,
D’avoir accompli l’œuvre où Dieu les appelait.
Et les fils de leurs fils, les filles de leurs filles,
Fondant pour le Seigneur de nouvelles familles
Dont les fronts inégaux forment un chapelet
Où la perle sans tache est d’une autre suivie,
S’avancent à leur tour au chemin de la vie.
Les vieux peuvent partir calmes & triomphants :
Leur nom, qu’à cause d’eux toute la contrée aime,
Est porté dignement & le sera de même
Par les enfants de leurs enfants.

C’est une chose auguste & vraiment solennelle
De voir ces vieillards blancs de la neige éternelle
Garder encor leur doux sourire d’autrefois.
On dirait le rayon de pourpre lumineuse
Que le soleil couchant de l’automne vineuse
Jette aux glaciers sereins sous leurs cieux déjà froids.