Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/19

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Et lorsqu’en ma cachette il venait un regard,
Furieuse, enrageant d’avoir été surprise,
Je m’enfuyais avec mon dépit à l’écart.

Plus tard je me retrouve, au souffle de la brise,
Laissant mes blonds cheveux flotter sur mon cou nu,
Courant, criant, chantant, toujours en entreprise,

M’enivrant de la vie & du charme inconnu
De bondir comme un faon sur la verte prairie.
— Hélas ! beau temps joyeux, qu’es-tu donc devenu ?

Et puis, sur les genoux de ma mère chérie
Je venais tout à coup jeter mon front ardent,
Tandis qu’elle disait : « Calme-toi, je t’en prie ! »

Mais lorsqu’elle ajoutait tout bas, me regardant,
Sa main sur mes cheveux : « Ma petite lionne ! »
Je sentais croître encor mon orgueil débordant.

Je me rappelle aussi les lectures d’automne
Que ma mère faisait le soir à haute voix,
Pendant que gémissait la bise monotone