Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/67

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VIVERE MEMENTO.


La vie est si souvent morne & décolorée,
À l’ennui l’heure lourde est tant de fois livrée
Que le corps s’engourdit,
Et que l’âme, fuyant les épreuves amères,
S’envole & vient saisir à travers les chimères
L’idéal interdit.

On trouve ainsi l’oubli des autres, de soi-même,
On n’est plus de la terre, on plane, on rêve, on aime,
Toute chose est à vous ;
La notion du vrai si bien est renversée
Que, dans vos doigts, les fils, dont la vie est tissée,
Semblent soyeux & doux.