Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/74

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Le danger, qui depuis trois ans sans cesse plane
Sur ma tête courbée, est aujourd’hui présent :
Je n’ai pas entendu l’arrêt qui me condamne,
Mais mon cœur le pressent.

Le gémissement sourd du vent, l’heure qui sonne,
Le cri de la chouette entendu dans la nuit,
La porte que soudain l’on ouvre… je frissonne,
J’ai peur du moindre bruit.

Hélas ! étaient-ce donc de fausses apparences
Que tous ces mots si doux, promesses d’avenir,
Sur qui j’avais fondé toutes les espérances
Dont il veut me punir ?

Non, non, c’est impossible & je ne puis le croire,
Ce qu’il a fait pour moi dément sa cruauté.
J’écoute les récits que me fait ma mémoire
Sur ce temps enchanté.

Lorsqu’il m’avait souri, qu’il m’avait regardée,
Quand par hasard sa main avait touché ma main,
Je me sentais de calme & de joie inondée
Jusques au lendemain.