Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/77

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Mais cet instant rapide où j’avais cru comprendre,
Où j’avais cru toucher la fin de mon tourment,
Oh ! cet instant béni qui pourra me le rendre
Dans son trouble charmant ?

Il paraissait heureux de ma profonde joie,
Si franchement heureux, que, dans un élan fou,
Je lui jetai, semblable à la tige qui ploie,
Mes bras autour du cou.

Une larme germa d’abord à sa paupière,
On l’eût dit attendri de ce geste d’enfant,
Car il lui révélait mon âme tout entière,
Ce baiser confiant !

Puis soudain, tressaillant à mon étreinte ardente,
Si pleine de candeur & d’ingénuité,
Il me repoussa presque en disant : Imprudente !
Avec sévérité.

Oh ! de ce moment-là, je me sentis perdue :
« — Jamais, jamais, me dis-je, il ne me répondra.
« Ma passion par lui ne peut être entendue,
« Jamais il n’aimera. »