Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/223

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



De quelle manière la politique de l’Europe a-t-elle donc contribué soit au premier établissement, soit à la grandeur actuelle des colonies de l’Amérique ? D’une seule manière, et celle-là n’a pas laissé d’y contribuer beaucoup. Magna virum mater ! Elle a élevé, elle a formé les hommes qui ont été capables de mettre à fin de si grandes choses, de poser les fondements d’un aussi grand empire, et il n’y a pas d’autre partie du monde dont les institutions politiques soient en état de former de pareils hommes, ou du moins en aient jamais formé de pareils jusqu’à présent. Les colonies doivent à la politique de l’Europe l’éducation de leurs actifs et entreprenants fondateurs, et les grandes vues qui les ont dirigés ; et pour ce qui regarde leur gouvernement intérieur, c’est presque là tout ce que lui doivent quelques-unes des plus puissantes et des plus considérables.


Section troisième.
Des avantages qu’a retirés l’Europe de la découverte de l’Amérique, et de celle d’un passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance.


On a vu quels sont les avantages que les colonies de l’Amérique ont retirés de la politique de l’Europe.

Quels sont maintenant ceux que l’Europe a retirés de la découverte de l’Amérique et des colonies qui s’y sont formées ?

Ces avantages peuvent se diviser en deux classes premièrement, les avantages généraux que l’Europe, considérée comme un seul vaste pays, a retirés de ces grands événements ; et secondement, les avantages particuliers que chaque pays à colonies a retirés des colonies particulières qui lui appartiennent, en conséquence de l’autorité et de la domination qu’il exerce sur elles.

Les avantages généraux que l’Europe, considérée comme un seul grand pays, a retirés de la découverte de l’Amérique et de sa formation en colonies, consistent, en premier lieu, dans une augmentation de jouissances, et en second lieu, dans un accroissement d’industrie.

Le produit superflu de l’Amérique importé en Europe fournit aux habitants de ce vaste continent une multitude de marchandises diverses qu’ils n’auraient jamais possédées sans cela, les unes pour l’utilité et la commodité, d’autres pour l’agrément et le plaisir, d’autres enfin pour la décoration et l’ornement, et par là il contribue à augmenter leurs jouissances.