Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/82

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comme Londres, Lisbonne, Anvers, Livourne, etc., elles se payent en espèces courantes du pays. Ce qui se nomme argent de banque est toujours d’une valeur supérieure à la même somme nominale en espèces courantes. À Amsterdam, par exemple, mille florins en banque valent plus de mille florins argent courant d’Amsterdam. La différence entre ces deux espèces de monnaie se nomme agio de la banque, lequel à Amsterdam est, en général, environ de 5 pour 100. Supposez que les espèces courantes de deux pays soient également rapprochées du poids de fabrication de leurs monnaies respectives, et que l’un paye les lettres de change étrangères avec ces espèces courantes, tandis que l’autre les paye en argent de banque, il est évident que le cours du change peut être en faveur du temps qui paye en argent de banque, quoique le change réel soit en faveur de celui qui paye en espèces courantes, par la même raison que le cours du change peut être en faveur du pays qui paye en argent de banque, quoique le change réel qui approche plus de son premier poids, quoique le change réel soit en faveur du pays qui paye en une monnaie inférieure. Avant la dernière refonte de notre monnaie d’or, le cours du change avec Amsterdam, Hambourg, Venise, et je crois, avec toutes les autres places qui payaient en ce qu’on nomme argent de banque, était, en général, contre Londres. Il ne s’ensuit pas pourtant pour cela que le change réel fût contre nous ; depuis la refonte de notre monnaie d’or, il a été en faveur de Londres, même avec ces places. Le cours était généralement en faveur de Londres avec Lisbonne, Anvers, Livourne, et je crois, à l’exception de la France, avec la plupart des autres pays de l’Europe qui payent en espèces courantes ; et il est assez vraisemblable que le change réel l’était aussi[1].


DIGRESSION


Sur les banques de dépôt, et en particulier sur celle d’Amsterdam.


Les espèces courantes d’un grand État tel que la France ou l’Angleterre, consistent en général presque en entier dans sa propre monnaie. S’il arrive donc, dans un temps, que ces espèces se trouvent usées, ro-

  1. Pour avoir une exposition plus complète de la théorie et de la pratique du change, on peut consulter la célèbre brochure de M. Blake intitulée : Observations on exchange.