Page:Sorel - Réflexions sur la violence.djvu/357

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fondée sur des ardeurs de l’âme profonde que pour parler d’une contrainte extérieure.

L’histoire des anciennes corporations ne fournit pas de renseignements qui soient vraiment utilisables ; il ne semble pas qu’elles aient jamais eu pour effet de provoquer un mouvement progressif quelconque ; on pourrait plutôt penser qu’elles servaient à protéger la routine. Quand on examine de près le trade-unionisme anglais, il n’est pas douteux qu’il soit également fort imbu de routine industrielle.

L’exemple de la démocratie n’est pas capable, non plus, de jeter des lumières sur la question. Un travail conduit démocratiquement serait réglementé par des arrêtés, surveillé par une police et soumis à la sanction de tribunaux distribuant des amendes ou de la prison. La discipline serait une contrainte extérieure fort analogue à celle qui existe aujourd’hui dans les ateliers capitalistes ; mais elle serait probablement encore plus arbitraire en raison des calculs électoraux des comités. Quand on réfléchit aux singularités que présentent les jugements en matière pénale, on se convainc aisément que la répression serait exercée d’une manière fort peu satisfaisante. On semble être d’accord pour reconnaître que les petits délits ne peuvent pas être facilement jugés par les tribunaux, suivant les règles d’un rigoureux système juridique ; on a souvent proposé d’établir des conseils administratifs pour statuer sur le sort des enfants ; la mendicité est soumise, en Belgique, à un arbitraire administratif que l’on peut comparer à celui de la police des mœurs ; on sait que cette police, malgré d’innombrables réclamations, continue à être presque