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par bonds démesurés. Pierre courut après elles en cinglant l’air de son fouet, comme s’il avait eu besoin de décharger une rage excessive sur quelque ennemi invisible. Cet ennemi, en effet, c’était la perspective de l’arrivée des Francfortois qui l’exaspérait.

Heidi était si remplie de joie que, dès le jour suivant, il lui fallut absolument descendre vers la grand’mère pour lui raconter qui allait venir de Francfort et surtout qui ne viendrait pas ; tout cela devait être de la plus grande importance pour la grand’mère : elle connaissait si bien les personnes en question et prenait toujours si vivement part à tout ce qui concernait Heidi ! Celle-ci se mit donc en route l’après-midi du jour suivant, car elle pouvait recommencer ses courses seule, maintenant que le soleil plus brillant restait de nouveau longtemps au-dessus de l’horizon, et c’était délicieux de descendre en courant le sentier bien sec, poussée par la folle brise de mai.

La grand’mère ne restait plus toute la journée couchée dans son lit ; elle avait repris sa place accoutumée dans le coin et filait. Mais ce jour-là on voyait à l’expression de son visage qu’elle était ab-