Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/159

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 145 —

tout resplendit dans des flots de lumière : le soleil venait de paraître.

Puis le grand-père sortit le fauteuil du hangar, le roula devant la porte tout prêt pour le voyage et monta pour chercher les enfants et leur dire quel beau jour venait de se lever.

Au même moment Pierre apparut au haut du sentier. Les chèvres ne l’entouraient pas comme d’habitude, le précédant ou le suivant de près familièrement ; mais elles se précipitaient d’un air effarouché dans toutes les directions, car à chaque instant leur maître cinglait l’air de son fouet, sans raison, comme un furieux, et il ne faisait pas bon recevoir un de ses coups. Pierre avait atteint le comble de la colère et de l’exaspération. Depuis bien des semaines il n’avait pas eu Heidi pour lui comme il y était accoutumé. Dès le matin quand il montait à l’alpage, il trouvait l’enfant étrangère installée dans son fauteuil et Heidi affairée autour d’elle ; le soir quand il redescendait, le fauteuil et la malade étaient sous les sapins, et Heidi tout aussi occupée d’elle que le matin. Elle n’était pas encore venue au pâturage une seule fois de tout l’été, et ce jour-là elle