Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/16

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valer ses larmes et de se tourner courageusement vers la seule espérance qui lui restât. Elle saisit la main de son bon ami, et tout en la caressant elle lui dit d’un ton câlin :

— Oh ! oui, n’est-ce pas, docteur, vous irez chez Heidi et vous reviendrez ensuite me raconter comment c’est là-haut, ce que fait le grand-père, et Pierre aussi, et ses chèvres ; je les connais si bien ! Et puis vous emporterez le paquet que je veux envoyer à Heidi ; je sais déjà tout ce que je veux y mettre, et aussi quelque chose pour la grand’mère. Oh ! docteur, allez-y, je vous en prie ! Pendant ce temps je prendrai de l’huile de foie de morue tant que vous voudrez !

On n’a jamais pu savoir si ce dernier argument décida l’affaire, mais il faut le croire, car le docteur sourit en répondant :

— Alors, je vois bien qu’il faut que j’aille, Clara, et tu deviendras bien grasse et bien rondelette comme nous voudrions t’avoir, ton papa et moi. Et quand, faut-il que je parte, dis-moi, l’as-tu déjà décidé ?

— J’aimerais bien que ce fût déjà demain de bonne heure, docteur, répondit Clara.