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— Je peux ! Heidi, je peux ! regarde ! regarde ! je peux faire des pas l’un après l’autre !

Cette fois Heidi poussa de vrais cris de joie.

— Oh ! peux-tu vraiment faire des pas ? peux-tu marcher à présent ? est-ce bien vrai que tu peux marcher seule ? Oh ! si seulement le grand-père venait ! À présent tu peux marcher, Clara ! à présent tu peux marcher ! répétait-elle sans se lasser.

Il est vrai que Clara s’appuyait fermement des deux côtés ; mais à chaque pas ses jambes s’affermissaient davantage ; tous trois le sentaient bien, et Heidi était hors d’elle de bonheur.

— Maintenant nous pourrons venir tous les jours au pâturage et nous promener sur l’alpe partout où nous voudrons ! s’écria-t-elle. Et toute ta vie tu pourras marcher comme moi, tu n’auras plus besoin d’être traînée dans ton fauteuil, et tu seras tout à fait guérie ! Oh ! c’est le plus grand bonheur qui pouvait aniver !

Clara partageait de tout son cœur la joie de Heidi, car elle ne voyait pas en effet pour elle de plus grand bonheur dans ce monde que de recouvrer la santé et de pouvoir aller partout comme les autres