Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/73

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 63 —

et chaque après-midi à l’école de Dörfli où elle apprenait avec ardeur tout ce qu’on pouvait y apprendre.

Quant à Pierre, elle ne le voyait presque jamais à l’école parce que le plus souvent il n’y venait pas. Le régent était un homme indulgent qui se contentait de dire de temps à autre : « Il me semble que Pierre est de nouveau absent ; l’école lui ferait pourtant du bien, mais il est vrai qu’il y a beaucoup de neige là-haut et qu’il ne doit pas pouvoir sortir. » — Cependant, vers le soir, lorsque les classes étaient terminées, Pierre trouvait presque toujours moyen de sortir de ses neiges pour venir faire une petite visite à Heidi.

Au bout de quelques jours, le soleil reparut et versa ses rayons sur le sol éclatant de blancheur ; mais il se coucha de bien bonne heure derrière la montagne, comme s’il n’avait pas autant de plaisir à regarder la terre qu’en été lorsque tout verdit et fleurit ; le soir la lune apparut large et brillante, et toute la nuit elle éclaira au loin les vastes champs de neige ; puis, le lendemain matin, l’alpe tout entière reluisait et étincelait comme un immense cristal.