Page:Stendhal - Chroniques italiennes, II, 1929, éd. Martineau.djvu/24

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vigueur et le courage que Rome entière lui connaissait au départ de la jeune fille. Marcel, ivre de colère, fit entrer ses gens ; mais ils étaient Napolitains pour la plupart, et, quand ils reconnurent d’abord le secrétaire du duc et ensuite le cardinal que le singulier habit qu’il portait leur avait d’abord caché, ils remirent leurs épées dans le fourreau, ne voulurent point se battre, et s’interposèrent pour apaiser la querelle.

Pendant ce tumulte, Martuccia, qu’on entourait et que Marcel Capecce retenait de la main gauche, fut assez adroite pour s’échapper. Dès que Marcel s’aperçut de son absence il courut après elle, et tout son monde le suivit.

Mais l’obscurité de la nuit autorisait les récits les plus étranges, et dans la matinée du 2 janvier, la capitale fut inondée des récits du combat périlleux qui aurait eu lieu, disait-on, entre le cardinal neveu et Marcel Capecce. Le duc de Palliano, général en chef de l’armée de l’Église, crut la chose bien plus grave qu’elle n’était, et comme il n’était pas en de très bons termes avec son frère le ministre, dans la nuit même il fit arrêter Lanfranchi, et, le lendemain, de bonne heure, Marcel lui-même fut mis en prison. Puis on s’aperçut que personne n’avait