Page:Stendhal - D’un nouveau complot contre les industriels, 1825.djvu/13

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il faut apparemment ranger suivant leurs succès, c’est-à-dire suivant leurs richesses, les membres de cette classe qui est à la tête de toutes les autres ; or, quel est le chef de cette classe à Paris ? quel est l’homme qui doit être le juge de toutes les capacités ? C’est évidemment le plus fortuné des industriels, M. le baron Rothschild, aidé, si l’on veut, dans ses fonctions de juge par les six industriels les plus riches de Paris, MM........ que j’honore trop pour placer leurs noms dans ce tribunal burlesque. Ainsi, que nos grands poètes Lamartine et Béranger se hâtent de faire des vers ; que nos savants illustres, Laplace et Cuvier, interrogent la nature et proclament des découvertes sublimes, leurs capacités seront jugées ou bien par l’assemblée générale de tous les maçons, les cordonniers, les menuisiers, etc., ou par les premiers hommes de cette classe privilégiée, savoir M. le baron Rothschild, escorté des six banquiers que le public voit avec lui dans tous les emprunts. En apprenant la nouvelle dignité dont M. de Saint-Simon et son école les affublent, je vois d’ici les banquiers les plus riches de Paris s’écrier en chœur :

Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ;
     Mieux vaudrait un sage ennemi.