Page:Stendhal - D’un nouveau complot contre les industriels, 1825.djvu/17

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ne seraient-ils pas de bons juges de la petite comédie permise sur nos théâtres et qui reste copie si imparfaite de leurs actions de tous les jours ?

Il n’y a pas cent ans que dans l’un des quartiers les plus populeux de Paris l’on a vu la représentation d’une pièce d’intrigue conduite avec un art infini, et il en fallait beaucoup. Les hommes qu’il s’agissait de tromper n’étaient point des Bartholos ; ils l’avaient bien prouvé en faisant des fortunes colossales ou en s’illustrant dans les places les plus brillantes. Ils n’en ont pas moins été pris pour dupes au vu et au su de toute l’Europe et même de l’Amérique. Rien n’a manqué dans cette admirable comédie, ni le Dave rempli de finesse, ni un ou plusieurs Cassandres surnuméraires. Il y a même eu double intrigue, plot and under plot comme dans les vieilles comédies anglaises. Outre les honorables Bartholos dont le Dave s’est joué avec une adresse qu’on ne saurait trop louer, il paraît que, le succès augmentant l’assurance, on a essayé de duper ce personnage qui, suivant M. de Talleyrand, a plus d’esprit que qui que ce soit, M. Public.

D’après cet exemple récent, qui oserait refuser aux premiers industriels de Paris, victimes ou héros de cette bonne pièce, le talent qu’il faut pour juger la comédie ?