Page:Stendhal - D’un nouveau complot contre les industriels, 1825.djvu/21

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


ont de la vertu, mais le renom d’une loyauté parfaite, même envers leurs rivaux, est préférable, à leurs yeux, à la différence qu’il y a entre 76 et 80, dût cette différence se prélever sur une douzaine de millions.

Les industriels vont être fort utiles d’ici à quelques années ; mettant à profit le degré de liberté dont nous jouissons, ils vont changer et améliorer tout le commerce de France. On aimera mieux gagner 4000 francs que les recevoir du budjet. Un fabricant millionnaire ne sollicitera plus une place de sous-préfet.

La France, plus heureuse que l’Angleterre, ne connaît pas les substitutions. Les nobles, d’ici à vingt ans, loin d’avoir horreur de l’industrie, apprendront d’elle qu’il est utile et agréable de profiter du degré de liberté qui nous est accordé, pour augmenter sa fortune. Le plus noble marquis, qui possède en biens-fonds deux millions qui lui rendent à peine vingt mille écus, vendra la moitié de sa terre, et placera dans une manufacture de calicot un million, qui à lui seul lui vaudra 60 mille francs de rente. À partir de ce moment, ce privilégié, lui-même, deviendra l’ami de cette portion de liberté indispensable pour qu’il y ait un crédit public, et pour que toutes les ma-