Page:Stendhal - D’un nouveau complot contre les industriels, 1825.djvu/23

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faire apercevoir nos grands industriels du ridicule qu’ils se donnent en fesant proclamer tous les samedis qu’ils sont supérieurs à toutes les classes de la société. Dans la vie d’une nation, chaque classe est utile à son tour. Si la Grèce réussit à s’affranchir, des milliers de négocians s’y établiront ; ils y porteront des glaces, des meubles d’acajou, des estampes, des draps, etc. Mais les bonnes lois qui permettent au commerce de fleurir, sera-ce eux qui auront eu la sagesse de les faire ? Mais le courage qu’il aura fallu pour exterminer les Turcs et pouvoir mettre ces bonnes lois en vigueur, l’auront-ils eu ?

Il y a six mois que Santa-Rosa s’est fait tuer dans Navarin, il n’y a pas un an que lord Byron est mort en cherchant à servir la Grèce. Où est l’industriel qui ait fait à cette noble cause le sacrifice de toute sa fortune ?

La classe pensante a inscrit cette année Santa-Rosa et Lord Byron sur la tablette où elle conserve les noms destinés à devenir immortels. Voilà un soldat, voilà un grand seigneur ; pendant ce temps qu’ont fait les industriels ?

Un honorable citoyen a fait venir des chèvres du Thibet.