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ROMANS ET NOUVELLES


un but d’action dans la vie, mais il ne s'expliquait pas aussi clairement sa position. Malgré ses mathématiques c’était un homme qui sentait plus qu’il ne réfléchissait. Il n'était pas du tout philosophe.

Mais puisque la mère de Léon, la duchesse douairière de Montenotte, doit jouer un rôle dans la vie de son fils, il vaut autant dire ce qu’elle était.

Quinze jours avant la promenade de l’abbé de Miossince au Bois de Boulogne, madame la duchesse de Montenotte se trouvait avec la comtesse Dalvel son amie dans un salon où se trouvait également la duchesse de Rufec. La comtesse Dalvel, femme d’infiniment d’esprit, faisait la joie de ce salon assez sérieux ; un mauvais calcul y avait réuni tous les beaux jeunes gens de la Cour du Premier Consul en 1800, maintenant en 1837 d’assez tristes vieillards.

Autrefois à la Cour de l’Empereur, cour de parvenus, et où le maître voulait marquer les rangs d’une façon incompatible avec la gaieté et presque même avec l’esprit, Mme Dalvel, femme d’un simple lieutenant général, n'eût eu garde de parler avec familiarité à la femme d’un maréchal comme était la duchesse de Montenotte.

Maintenant la comtesse Dalvel avait eu