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ROMANS ET NOUVELLES


qu’ils font des dettes usuraires en Prusse pour y passer six mois de l’année, se sont mis ce soir à vanter la patrie allemande.

— En ce cas, dit Mina, c’est celui qui a été le plus ridicule et le plus emphatique qui m'aime le mieux, et c’est celui-là que je choisirai pour danser avec lui. Le comte de Rechberg n'est-il pas le plus désireux, le plus emphatique, le plus ennuyeux, Strombek ?

— Sans doute.

— Hé bien, je vais lui dire que la chaleur excessive de la salle a cessé de me faire mal à la tête.

Un instant après Mina figurait à une contredanse avec le beau comte de Rechberg. Il était grand, fort bien fait, fort bien mis, mais, suivant Mina, il avait quelque chose de grossier dans le contour de la bouche et dans la démarche. « Il devrait être capitaine de grenadiers, disait-elle à sa mère à quelques pas de qui elle dansait, et solliciter un coup de sabre au front, peut-être alors il serait mieux. »

En dansant avec le comte Mina remarqua M. de Miossince, elle eut de la joie : « Voilà enfin un homme de bon sens, pensa-t-elle, qui nous dira quelque chose de vrai, de réel, de non exagéré. Et d’ailleurs j’ai deux ou trois questions à lui adresser. Voilà cependant un abbé au bal, on disait