Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/21

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III
DE L’ÉDITEUR


moins le principal architecte de l’œuvre en cours.

Mais, dans ce rôle d’explicateur, Stendhal n’est vraiment à son affaire que s’il peut développer sans gêne un récit de longue haleine. Est-il par hasard contraint de se borner comme lorsqu’il résume simplement une aventure diffuse dont il emprunte délibérément tous les épisodes à quelque prédécesseur, et comme nous le verrons en user d’ordinaire quand il écrira les Chroniques Italiennes, il ne lui reste plus pour émoigner de ses dons et de son art d’écrivain que sa clarté, la hardiesse de son trait, la rapidité d’un style le plus limpide qui soit. Le nouvelliste chez lui n’est donc point négligeable ; on ne pourrait dire cependant qu’il soit de la même lignée que le romancier.

D’où vient donc qu’en plus d’une page de ses nouvelles, Stendhal atteint parfois une hauteur égale à celle des plus hauts sommets de ses romans ? C’est qu’il lui arrive d’oublier, ou presque, la situation traitée. Il donne en revanche tous ses soins à ses personnages. Il nous les explique si longuement, ils prennent tant d’importance par rapport à l’épisode où ils vont jouer leur rôle que tout l’équilibre du récit en est rompu. Il semble que l’auteur ait alors triché avec le genre choisi : et l’on peut avancer que,