Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/22

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IV
PRÉFACE


dans presque tous les récits de ses Romans et Nouvelles, lorsqu’il nous relient par des analyses d’âmes où nous reconnaissons partout sa manière inimitable, c’est qu’il n’a pas écrit réellement des récits courts, mais qu’il nous a laissé des fragments de romans.

Il faut mettre à part le Coffre et le Philtre
qui sont des nouvelles, genre exceptionnel chez l’auteur de la Chartreuse. Là, sans préparations ou presque, le lecteurest saisi par l’action elle-même, et le tragique le frappe d’autant plus qu’il est moins attendu. Mais à peu près tous les autres récits du présent recueil sont d’une toute autre nature, et ne montrentplus qu’exceptionnellement dans leur texture ce raccourci qui est encore une des qualités maîtresses les plus indispensables de la nouvelle.

Je pense moins ici au Rose et Vert, œuvre inachevée qu’à Féder par exemple, ou à Mina de Vanghel, qui sont des histoires complètes, ou, du moins, beaucoup plus poussées. Dans l’une et dans l’autre, l’auteur brise le moule du récit court. Escamotant ou presque les préparations, abolissant les transitions, il ne donneque le squelette de certains passages qui sembleraient, a priori, d’une importance capitale, et il s’étend à loisir sur d’autres scènes qu’il gonfle hors de toute proportion. Surtout, il entend moins