Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/233

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bla clair qu’il avait conçu pour elle une grande passion. Dubois apprit à Mina que son maître vivait dans la plus sombre mélancolie.

— Il regrette une aimable compagnie, et, ajouta Dubois, il a un autre sujet de chagrin. Qui l’eût dit d’un homme si sage ? M. le comte de Ruppert lui donne de la jalousie !

Cette jalousie amusait M. de Ruppert.

— Voulez-vous me permettre, dit-il à mademoiselle de Vanghel, de faire intercepter par ce pauvre Larçay une lettre passionnée que j’écrirai à sa femme ? Rien ne sera plaisant comme les dénégations de celle-ci, s’il se détermine à lui en parler.

— À la bonne heure, dit Mina ; mais surtout, ajouta-t-elle d’un ton fort dur, songez à ne pas avoir d’affaire avec M. de Larçay ; s’il meurt, jamais je ne vous épouse.

Elle se repentit bien vite du ton sévère avec lequel elle avait dit ce mot et s’appliqua à se le faire pardonner. Elle s’aperçut que M. de Ruppert n’avait pas senti la dureté du mot qui lui était échappé et son éloignement pour lui en fut augmenté. M. de Ruppert lui conta que peut-être madame de Larçay n’eût pas été tout à fait insensible à ses soins ; mais pour