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ROMANS ET NOUVELLES


voulut pas s’éloigner de la côte, et les bateliers se mirent à pêcher ce qui la délivra de leurs regards et lui fit plaisir. Comme huit heures sonnaient, elle vit Alfred accourir au rivage. Il était fort pâle. Minase fit descendre.

— Il est blessé, peut-être dangereusement, lui dit Alfred.

— Prenez ce bateau, mon ami, lui dit Mina. Cet accident vous met à la merci des autorités du pays ; disparaissez pour deux jours. Allez à Lyon ; je vous tiendrai au courant de ce qui arrivera.

Alfred hésitait.

— Songez aux propos des baigneurs.

Ce mot décida M. de Larçay ; il s’embarqua.

Le jour suivant, M. de Ruppert fut hors de danger ; mais il pouvait être retenu au lit un mois ou deux. Mina le vit dans la nuit, et fut pour lui parfaite de grâce et d’amitié.

— N’êtes-vous pas mon promis ? lui dit-elle avec une fausseté pleine de naturel. Elle le détermina à accepter une délégation très considérable sur son banquier de Francfort. Il faut que je parte pour Lausanne, lui dit Mina. Avant notre mariage, je veux vous voir racheter le magnifique hôtel de votre famille que vos folies vous ont obligé de vendre. Pour cela il faut aliéner