Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/272

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


quisiteur, qui ne fut pas plus heureux que son émissaire, et se retira en menaçant de faire traîner en prison le malade et son lit. Lorsqu’il fut parti, Burner me dit : « Que prétendent-ils donc ? Je suis meilleur théologien que pas un d’entre eux ; ils peuvent me mettre en prison, à la torture ; soit, mais jamais ils ne me feront mentir à ma conscience.» Et puis, me prenant la main, il ajouta : « Mon ami, l’Inquisition est bonne pour le vulgaire, mais elle n’a point de crédit auprès des gens instruits, contre lesquels sa logique est impuissante.» Deux mois après il fut décrété de prise de corps, mais comme il était à l’extrémité, force fut de surseoir à l’exécution du mandat, et la maladie faisant de rapides progrès, Burner mourut quelques jours après dans l’impénitence finale.

À peine les Français se furent-ils emparés de nouveau de l’ancienne capitale du monde, en 1807, que la jeunesse romaine, toujours crédule, se laissa prendre aux belles promesses de Napoléon. J’aurais dû figurer au premier rang parmi les dupes, et j’avoue que j’y étais assez bien disposé ; mais, me trouvant encore sous la tutelle de mon oncle, papiste déterminé, commeje l’ai déjà dit, ma bonne volonté fut quelque temps inutile. J’étais gardé