Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/95

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE IV




L
es premiers quinze jours passés à Paris furent exactement comme la première soirée ; Mina déclara à sa mère qu’elle passerait sa vie à Paris. Madame Wanghen n'était pas tout à fait du même avis, ce n'était point un esprit brillant, mais elle avait une sagacité singulière, elle voyait tout et il eût été difficile de lui rien cacher.

Mina était folle du Théâtre Français et ne concevait pas pourquoi il n'y avait pas foule tous les soirs. Le baron de Vintimille commençait à n'être plus si sûr de son admiration pour la jeune lady, comme il l’appelait. Il trouvait qu’il y avait de grandes fautes de calcul dans la comédie si agréable d’ailleurs qu’elle jouait avec tant d’aisance.

— Elle ne produira pas tout l’effet auquel elle s'attend, disait-il finement à sa femme.

— Je n'ai jamais partagé votre admiration, répondait la baronne. Sa conduite n'est pas bien calculée, c'est une tête