Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/112

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CHAPITRE XXXII


Les projets de descente en Angleterre furent abandonnés parce que l’empereur ne trouva pas dans la marine les talents à jamais admirables que la Révolution avait fait naître dans les troupes de terre. Chose singulière, des officiers français semblèrent manquer de caractère. Par la conscription, l’empereur avait quatre-vingt mille hommes de rente[1]. Avec les pertes des hôpitaux cela suffit pour donner quatre grandes batailles par an. On pouvait, en quatre ans, tenter huit fois la descente en Angleterre, et pour qui connaît les bizarreries de la mer, une de ces descentes pouvait fort bien réussir. Voyez la flotte française partir de Toulon, prendre Malte et arriver en Égypte. L’Irlande, opprimée par la plus abominable et la plus sanguinaire tyrannie[2], pou-

  1. En 1788, l’ancienne France avait vingt-cinq millions d’habitants ; en 1818, elle en a plus de vingt-neuf. C’est que le nombre d’hommes est toujours proportionnel au nombre de grains de blé. Voir l’appendice de l’ouvrage de M. Le Sur sur la France. Paris, fin de 1817 : cet appendice est fourni par les ministères.
  2. Voir l’Edinburgh Review, nos 56 ou 55*.

    * En réalité c’est au n° 54 que Stendhal renvoie ici, à un article sur la question catholique en Irlande. N. D. L. É.