Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/123

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voulez-vous que les peuples comprennent à un tel honneur ?

L’Autriche eut une lueur de bonne politique. Elle eut recours à l’opinion et protégea la révolte du Tyrol. Le général Chasteller se distingua assez pour que le despote l’honorât de son impuissante colère. Le Moniteur le nomme l’infâme Chasteller ; ce général préluda en 1809 dans les montagnes du Tyrol à ce que les sociétés de la vertu devaient faire, en 1813, aux champs de Leipzig.

De la bataille d’Essling à la victoire de Wagram, l’armée française fut concentrée dans Vienne[1]. La révolte du Tyrol lui ôtait les moyens de subsister. Elle avait 70.000 malades ou blessés. Ce fut le chef-d’œuvre du comte Daru de la faire vivre dans cette position, mais l’on ne parla pas de ce tour de force, car il eût fallu avouer le danger. Pendant cet intervalle qui pouvait être si fatal, la Prusse n’osa pas remuer.

Un des faits qui justifient le plus ce qui se passe à Saint-Hélène, si rien de ce qui est injuste pouvait jamais être justifié, c’est la mort du libraire Palm. L’empereur le fit assassiner près d’Iéna par un conseil de guerre ; mais le despotisme a beau faire,

  1. Du 22 mal au 6 juillet 1809.